"Éric Zemmour, un outrage français", un nouvel essai événement de Driss Ajbali

«La Croisée des chemins» a publié le 24 janvier 2022 un essai du sociologue franco-marocain, Driss Ajbali. Intitulé “Éric Zemmour, un outrage français”, ce livre s'annonce comme coup de poing. L’auteur s’est donné comme ambition d’analyser et de décrypter le phénomène Zemmour et sa prodigieuse irruption dans le paysage politique français.

1er février 2022 à 19h47 par La rédaction

Eric Zemmour

Crédit : Google images

Premier fait et non des moindres, le livre est publié simultanément par trois éditeurs et dans quatre pays, le Maroc et la France (La Croisée des chemins), la Tunisie (Nirvana) et l’Algérie (Frantz Fanon). C’est une première. Un exploit réussi par Abdelkader Retnani, un éditeur marocain.Évoquant la sortie simultanée de l’ouvrage dans quatre pays, M. Retnani précise «qu’il s’agit d’une opération unique en son genre, menée avec deux éditeurs d’Algérie et de Tunisie, dans un élan de solidarité maghrébine face à Éric Zemmour, “ce personnage”, homme de télévision qui, dans un tropisme trumpiste, a fini comme le chantre de la division».Le livre est un pavé de plus de 500 pages. Et pour cause. En 17 chapitres, en plus d’une introduction et d’un épilogue, l’auteur revient sur des événements clé ou sur des livres qui ont marqué la France des deux dernières décennies (2000 - 2017). Il s’annonce comme une suite des livres publiés par cet auteur dans le début des années 2000 : « Violences et immigration » (paru en 2000), préfacé par Catherine Trautmann, ancienne ministre de la Culture ou « Ben Laden n'est pas dans l'ascenseur » (2002) co-signé avec le journaliste Daniel Riot. Après une longue expérience dans un quartier strasbourgeois, dit difficile, Driss Ajbali s’est imposé comme un connaisseur reconnu des questions d’immigration et surtout des questions de violence urbaine. En témoignent ses nombreuses chroniques, depuis 20 ans, dans de nombreux médias marocains ou français.La table de matière est alléchante. De “la gifle de Bayrou” à “l’Islam de France”, « des Indigènes de la République » au « procès Charlie» «des gang des barbares» aux attentats de 2015, Ajbali, effeuille, sans concessions, les évènements et finit par dresser un croquis sociologique de la France des débuts de ce siècle. Et c’est Éric Zemmour qui lui sert de fil conducteur. Et si le livre s’arrête à 2017, c’est parce que cela correspond au mandat d’Emmanuel Macron. L’auteur réserve son épilogue à cinq dernières années «congelées» par le phénomène des Gilets jaunes et la pandémie mais aussi par le terrorisme islamiste, l’insécurité ou l’indigénisme.M. Ajbali tente de démentir les affirmations de Zemmour qui prétend alerter les Français, tel un cassandre, depuis 30 ans. Le journaliste Éric s’est mué en l’idéologue Zemmour que depuis 2006 et particulièrement depuis 2008. «Éric Zemmour est venu sur le tard sur les questions identitaires. Et parce que talentueux, il est devenu un vaisseau amiral. Il n’est pas seul. Il est relayé par une myriade de réseaux et un archipel de médias comme Causeur, Valeurs actuelles ou Cnews qui lui a servi de rampe de lancement», affirme l’auteur. «Dans les années 1980 et 1990, Zemmour était absent dans le radar sur les questions d’immigration» a déclaré à la MAP, le sociologue et écrivain Driss Ajbali, également Médiateur de l’Agence Marocaine de presse.Pour M. Ajbali, Zemmour avait une ambition littéraire déçue et contrariée. Il s’est réfugié dans l’essai où il est devenu un phénomène d’Edition en particulier depuis « Le Suicide français » (2014). Au fil des ans, ces propos sont devenus de plus en plus borderline et sulfureux. Il a fini comme "startup de l’indignité”, continue l’auteur.«Depuis plus de 30 ans, Driss Ajbali a réalisé un travail remarquable en matière de réflexions sur les questions de migrations», a souligné M. Retnani, le directeur de «la Croisée des chemins», maison éditrice de “Éric Zemmour, Un outrage français ». «J’ai lu ses écrits et on a mis les bouchées doubles pour sortir l’ouvrage sur “ce personnage” hors norme, qui porte en lui les germes d’une guerre civile en France”, a dit M. Retnani dans une déclaration à la MAP.


Avec MAP