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Reportage : LA MARCHE DES LIBERTES, 3eme MANIFESTATION POUR DIRE NON A LA « LOI DE SECURITE GLOBALE »

30 novembre 2020 à 17h34 Par Audrey Pronesti
Il y a aussi tous les français, de tous les âges. De 6 à 80 ans, les familles, les couples d’amoureux ou encore des jeunes entre amis, sont là pour témoigner de leur désaccord avec cette loi jugée liberticide
Crédit photo : Images France Maghreb 2

Samedi dernier, 28 novembre, plus de 50 000 manifestants se sont réunis au départ de place de la République contre la « Loi de Sécurité Globale ». Plusieurs corporations, associations, comités, organisations, syndicats et citoyens sont descendus dans la rue. Un événement particulièrement suivi. Retour sur cette journée avec la couverture de la journaliste-reporter Audrey Pronesti pour France Maghreb 2

Sous le soleil d’automne, il est 14H10 et déjà, des milliers de personnes remplissent la place de la République. Toutes les conditions sont réunies pour un déroulement favorable. Le début du cortège commence à avancer vers 14H30. Petit à petit chacune des organisations se suivent les unes derrières les autres en observant un périmètre de sécurité et en respectant les mesures sanitaires. Tout le monde est masqué.

Un encadrement autonome et sans forces de l’ordre

Si chacun décide d’apporter ses banderoles ou pancartes aux belles couleurs et slogans percutants, il n’en demeure pas moins que « La marche des Libertés » prend forme avec discipline et dans une atmosphère particulièrement « bon enfant ». D’un comité à l’autre, on entend de nouvelles musiques et on peut y voir de nouvelles danses.

Tout au long du parcours, l’abscence des forces de l’ordre est remarquable. Probable que cet état de fait a un lien avec la vidéo qui est sorti sur les réseaux sociaux 2 jours avant, par le média « Loopsider » où l’on peut voir l’agression en règle d’un producteur par la police. On se rappellera qu’Emmanuel Macron a réagi immédiatement en déclarant sur son compte Tweeter : « Les images que nous avons tous vus de l’agression de Michel Zecler sont innaceptables Elles nous font honte ».

Tout le long du parcours, la gestion des groupes est détendue et aucune tension n’est palpable. Même les riverains qui décident d’observer sur les trottoirs, les manifestants, encouragent la foule presque comme une finale de coupe de foot.

Tous les français, toutes les classes socio-culturelles sont présentes

Hormis le fait que la majorité des corporations et des syndicats tels que la CGT, SUD Rail, Solidaire, sont représentés. Il y a aussi tous les français, de tous les âges. De 6 à 80 ans, les familles, les couples d’amoureux ou encore des jeunes entre amis, sont là pour témoigner de leur désaccord avec cette loi jugée liberticide, notamment concernant la liberté d’expression, la liberté d’informer et celle d’entraver un moyen de dénoncer les violences policières.

Les métiers du secteur social, sanitaire, le corps des avocats, celui de la Presse, des enseignants parmis d’autres et les associations pour la lutte des défenses des droits de l’Homme, comme la LDH (Ligue de Défense des Droits de l’Homme), le collectif Urgence Notre Police Assassine ou encore le comité Adama ou celui en faveur des sans-papiers étaient bien évidemment au rendez-vous.

Plusieurs personnalités, artistes ou militants se sont exprimés pour faire quelques rappels, tels que Camélia Jordana, Assa Traoré, AbdelMalik, Arié Alimi,Taha Bouahafs, Amal Bentounsi entre autres…

Le trajet de place de la République jusqu’à place de la Bastille s’est déroulé au pas, tranquillement et à l’unisson.

L’article 24, étrange rappel de la proposition de loi porté par Eric Ciotti visant à interdire la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions.

On se souvient que le député des Alpes Maritimes, Eric Ciotti a déjà fait une tentative avec une proposition de loi en voulant condamner d’une amende de 15.000 Euros et d’une peine de 6 mois de prison toute personnes diffusant des images des forces de l’ordre.

Aujourd’hui, le gouvernement est passé à 45.000 euros d’amendes et 1 an de prison.

A ce moment-là, le député des Alpes Maritimes a déclaré que cette mesure visait l’application UVP, utilisable depuis mars dernier (Urgence Violence Police) crée par le collectif Urgence Notre Police Assassine.Une cinquantaine de personnalités du milieu artistique, journalistique, littéraire et sportives avaient signés et témoigné leur soutien au collectif dans une tribune du journal « Libération ».

Aujourd’hui, toutes les corporations et les citoyens prennent la mesure de l’enjeu de ce texte de loi. Tous se sont appliqués à confectionner des pancartes et des banderoles avec des messages très clairs pour exprimer le danger des libertés et pour certains une forme de colère. Comme « Policiers, chassez le flic qui est dans votre tête », « Tout le monde déteste Darmanin »(ndlr Ministre de l’intérieur), « Souriez, vous êtes filmé », « Liberté, Egalité, Fraternité, Bafouées », « Police sans contrôle, Peuple sous contrôle », « 1995, La Haine, 2020 La Honte »ou encore « Sans images, Michel Zecler serait en prison » ainsi que toutes les banderoles des différentes organisations qui  dénoncent les violences policières.

Entre fin d’après-midi et début de soirée, le trajet est terminé. Beaucoup restent rassemblés à discuter, échanger ou à écouter les dernières prises de paroles mais la dispersion des manifestants ne se fera pas sans l’intervention des forces de l’ordre en revanche. L’usage de canon à eau et de gaz lacrymogène ont fini de convaincre les derniers sur place, à partir. Certaines échauffourées sont à déplorer, d’autant que toute la journée s’est bien passée. Des incidents, cependant, qui n’entacheront pas la motivation des français à faire entendre leur voix contre ce projet de loi.

 Audrey Pronesti avec la rédaction France Maghreb 2