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85ème féminicide de l'année. Une femme enceinte tuée de trois coups de feu tirés à bout portant.

08 août 2019 à 19h12 Par Hanan Zahouani
« Féminicide », ce mot qui cogne
Crédit photo : www.nouveau-magazine-litteraire.com

Le compteur du nombre de féminicide s’écoule mortellement mois après mois et ne contredit pas les statistiques d’une femme tuée tous les 2 jours et demi. À l’heure où la reconnaissance du féminicide dans l’arsenal juridique n’est toujours pas en passe d’être adoptée, 85 femmes ont été tuées.

Si Emmanuel Macron reconnait l’impuissance de la République à faire baisser ce chiffre, les engagements pris par le gouvernement n’apportent pas satisfaction aux citoyennes et  associations de lutte contre les violences conjugales. Les féminicides ne sont que la face la plus morbide du haut de l’iceberg.

 La prise en charge des violences conjugales de la prévention à l’accueil dans les commissariats peine, déjà, à ce niveau, à trouver un niveau de réponses suffisant.  Les témoignages sur les réseaux sociaux de femmes l'attestent. Maître Besma Maghrebi, avocate au barreau de Paris et coprésidente du CDM , s’indigne sur facebook. Sa cliente se fait rouer de coups, étranglé par son mari et c’est elle qui se retrouve en garde en vue.

 Une cliente en garde à vue pour des violences conjugales ... je suis surprise .... lorsque j’arrive : je constate qu’elle a été massacrée par son conjoint !!!! HONTEUX !!!

C’est la VICTIME qui est en garde à vue !!!! Hématomes, griffures, traces d’étranglements ...
Voilà pourquoi les féminicides ne s’arrêtent pas

Entre la volonté du gouvernement d'une meilleure prise en charge des violences conjugales et l’application sur le terrain, il existe toujours un fossé. Ernestine Ronai, la présidente de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis rappelle sur Europe 1, ce mardi, que "les moyens législatifs" pour éviter les violences conjugales "existent" déjà :

"éviction du mari violent dès la plainte, ordonnance de protection même sans plainte, téléphone grave danger...

il existe des moyens. Ce qu'il faut, c'est les mettre en oeuvre."

1.400 ordonnances de protection ont été prononcées en France en 2017 soit dix fois moins qu'en Espagne sur la même période. En 2018, le pays européen, pionnier de la lutte contre les violences faites aux femmes, réussit à ramener le nombre des féminicides à 47. 30 de moins que dix ans auparavant.

Tandis que la République reste à la traîne, l'Espagne en 2 lois et un arsenal intransigeant nous donne une leçon.

Hanan Zahouani, animatrice Parler Femmes

Parler Droit : La violence conjugale : si vous n'avez pas le courage d'aller au commissariat.

« Parler Droit » présenté par Besma MAGHREBI MANSOURI sur France Maghreb 2