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Avec fierté, la Tunisie lance son "Challenge One", un satellite 100% local, 100% fait maison !

23 mars 2021 à 01h02 Par Yanis Bilhay
A souligner que la Tunisie est le premier pays du Maghreb et le sixième en Afrique à fabriquer son propre satellite
Crédit photo : DR / Capture d'écran

La Tunisie a lancé, lundi, le satellite "Challenge One", fabriqué entièrement localement, et destiné à l'internet des objets connectés.

Ce lundi 22 mars 2021 restera un jour historique pour la Tunisie dans le secteur de l'aérospaciale. A deux jours de la célébration de la fête de l'indépendance, la  62ème, ce samedi 20 mars 2021, les tunisiens ont eu la fierté de réussir le lancement dans l'espace de leur premier satellite de fabrication 100% locale. 100% ingénieurs tunisiens.

Avec ce succès, de  nouveaux horizons se dégagent localement pour les jeunes ingénieurs qui quittent le pays faute de projets de ce type.

Il est à noter que la Tunisie est le premier pays du Maghreb et le sixième en Afrique à fabriquer son propre satellite, à l'instar de l’Afrique du Sud, l’Egypte ou le Ghana, d'après le site (spécialisé Space in Africa).

Challenge One est un projet entièrement privé. Il est Créé par l'entreprise tunisienne de télécommunications TelNet. Il a été lancé à partir du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. Il a rejoint son orbite vers 10H20 GMT à bord d'un lanceur russe, Soyouz.

Le satellite Challenge One (Tahaddi Ouahed, en arabe) est un satellite expérimental, destiné à l’Internet des objets (l’écosystème des objets connectés) qui a pour mission la collecte des données des Thermomètres ou capteurs de pollution connectés, des puces de localisation ou senseurs d'humidité afin d'y avoir accès en temps réel même dans une zone terrestre sans couverture internet.

D'apès le jour le monde, ce satellite "vise à répondre au besoin croissant de connexion satellitaire pour les objets, car moins de 20 % de la surface du globe est couverte par le réseau Internet terrestre. « C’est un gros problème pour l’agriculture ou les véhicules connectés », explique Ahmed El Fadhel, ingénieur aérospatial basé en Belgique et président de l’Association tunisienne de l’espace Tunsa.

Si l’aérospatiale est en plein développement dans le monde arabe et en Afrique, où 11 pays africains sur 55 ont déjà lancé des satellites,"le club de ceux qui en fabriquent est assez fermé" souligne M. El Fadhel.

Challenge One doit disposer d’une capacité de transmission de 250 kb/s sur 550 km, selon TelNet. C’est l’un des premiers à utiliser dans l’espace un protocole de transmission de données déjà utilisé sur Terre, LoRa, ce qui permet de connecter via satellite des objets existants en ne changeant que l’antenne.

TelNet souhaite lancer d’ici trois ans, en partenariat avec d’autres pays africains, une constellation de plus de 20 satellites afin d’exploiter commercialement cette technologie. « Cela ouvre la voie à l’ouverture d’un service innovant pour la région dans un domaine en pleine expansion », indique à l’AFP Mohamed Frikha, PDG de TelNet.

Ce projet d'environ un million d'euros, lancé en 2018, est la concrétisation du travail d'une équipe de jeunes ingénieurs locaux, encadrés par quelques experts tunisiens travaillant à l'étranger, dont l'un a participé à la mission Perseverance de la Nasa sur Mars. 

Cette belle aventure spaciale tunisienne prouve qu'il y a urgnce de faire confiance aux jeunes tuniens, algériens, marocains et plus généralement aux jeunes africains pour inventer, créer, fabriquer et porter des projets ambitieux qui changeront la face de l'afrique du Nord au Sud. Une Afrique qui regorge de richesses naturelles, de populations majoritairement jeunes et de potentiels de développement exceptionnels