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Covid-19 : le S.O.S des étudiants

25 janvier 2021 à 15h51 Par Rudy KAZI-MATSIKA
D’après une enquête de Santé Publique France, les étudiants et les 18-34 ans font parties de populations ayant une santé mentale la plus dégradée.
Crédit photo : DR

Une détresse inquiétante monte chez les étudiants. On a eu plusieurs cas ces dernières semaines d’étudiants qui se sont donnés la mort ou qui ont tenté de se la donner :
  • Le 9 janvier 2021, un étudiant en master de droit de l’université de Lyon III s’est suicidé en se défenestrant du 4e étage de sa résidence en pleine nuit.
  • Le 7 décembre 2020, un autre étudiant se donnait la mort sur un campus de Villeurbanne
  • Et le 12 janvier 2021 une tentative de suicide d’une étudiante a été évitée de justesse dans ce même campus de Villeurbanne.

Depuis la rentrée les cours en « présentiel » sont suspendus par décision gouvernementales dans le cadre des mesures sanitaires pour lutter contre la pandémie. Les universités sont donc fermées. Les cours s’organisent alors « en ligne » ce qui crée des difficultés de suivi pédagogique en particulier en TD où les Chargés de TD ont la possibilité et plus de temps que les professeurs pour suivre les étudiants. A cette difficulté s’ajoutent le stress, la dépression, l’anxiété par rapport à l’avenir, la solitude et l’isolement mais aussi la précarité de cette population durement touchée par les restrictions imposées par les confinements et couvre-feux successifs.

D’après une enquête de Santé Publique France, les étudiants et les jeunes de 18-34 ans font parties des populations ayant la santé mentale la plus dégradée.

Car en effet la santé mentale des Français s’est significativement dégradée depuis fin septembre 2020. Des hausses importantes des états dépressifs ont été observé en particulier chez les jeunes (+18 points chez les jeunes de 18-24 ans et de 25-34 ans) et chez les étudiants (+29 points) toujours d’après Santé Publique France.

Certes, les étudiants subissaient déjà pour beaucoup des situations compliquées bien avant la crise sanitaire mais la Covid-19 a aujourd’hui exacerbé ce sentiment préexistant de détresse et de précarité chez nos pensionnaires des universités.

Avant la crise du Covid-19, on estimait que 20% des 2,7 millions d’étudiants de France vivaient en dessous du seuil de pauvreté, or la situation a explosé ces derniers mois. La FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) s’appuie sur une enquête commanditée auprès d’Ipsos, à l’issue du premier confinement, et selon laquelle 74% des jeunes interrogés ont estimé avoir rencontré des difficultés financières. Un tiers d’entre eux auraient même dû renoncer à des soins de santé pour cette raison, d’après un article de l’Etudiant.

Or les enseignants, syndicats et une partie de la classe politique, pointent du doigt le manque de réactivité du gouvernement et demande la réouverture des universités.

Le Premier Ministre, Jean Castex, à l’Assemblée Nationale avait dit récemment que « les étudiants payent un lourd tribut à cette crise sanitaire ».

François Ruffin, Député de La France Insoumise, annonçait, toujours à l’Assemblée Nationale, qu’il avait rencontré, le 20 décembre 2020, le président de l’université de Picardie qui l’avait informé d’un questionnaire que son administration avait réalisé auprès des étudiants : sur les 3450 réponses des étudiants, le questionnaire révèle avec stupeur que 20% d’entre eux avaient scénarisé leur suicide…

Pour rassurer les étudiants, Jean Castex avait annoncé le retour des étudiants en « présentiel » pour aujourd’hui le 25 janvier, mais cela ne concerne que les étudiants de premières années

Rudy KAZI-MATSIKA

Rudy Kazi Matsika, Chroniqueur politique à France Maghreb 2.