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Hôpital Public en danger, un appel national à se mobiliser

13 novembre 2019 à 18h57 Par Samia Chiki
Crédit photo : Google images

Voilà plus de huit mois que le personnel soignant est mobilisé, grèves des SAU (Services d’Accueil des Urgences), manifestations à travers toute la France. Une crise profonde de l’hôpital public qui perdure, la Ministre de la Santé Agnès Buzyn disait comprendre au mois de juin
« leur détresse ».

En septembre, le mouvement se poursuit  après la présentation du plan de « refondation » des urgences hospitalières, le Collectif Inter-Urgences estime insuffisant les 750 millions d’euros promis d’ici 2022 par la ministre de la Santé.

Les effectifs et les revalorisations salariales ne sont pas évoquées, le député Sébastien Andot en séance à l’Assemblée Nationale sur le financement de la Sécurité Sociale (PLFSS 2020) en octobre, interpelle la ministre sur des amendements rejetés car pour la plupart qualifiés d’« irrecevables » : Absence de démocratie sanitaire( le personnel soignant n’est pas mis à contribution dans le projet), diminution du reste à charge des patients, permettre au personnel de santé de travailler sereinement..

Le projet de loi est actuellement examiné au Sénat et le sera durant toute la journée du 14 novembre en présence de la ministre de la Santé.

C’est cette date qui sera également choisie pour une nouvelle Journée de mobilisation nationale pour le personnel soignant à l’appel du Collectif Inter-hôpitaux » afin d’obtenir « un plan d’urgence pour l’hôpital public » et dénoncer la dégradation des conditions de soin.

Nous avons à cette occasion interviewé, Anne-Claire Rafflegeau, infirmière et membre du Collectif Inter-Urgences.

- Quand votre mouvement est-il né ? Et quelles sont aujourd’hui vos revendications ?

Le mouvement est né  fin mars dernier, à la suite de plusieurs agressions aux urgences de l’hôpital St Antoine. 

Par la suite plusieurs soignants de l’ APHP se sont réunis et ont créé le collectif inter-urgences.  Celui-ci s’est étendu rapidement en métropole et aux Dom-tom grâce à l’organisation et la coordination du mouvement. 

Nous avons identifié les problématiques aux urgences,  voté les revendications et établi un plan d’action pour répondre aux besoins des usagers ainsi qu’ à nos problèmes sur le terrain.

- Vous avez été auditionnée en octobre, votre intervention a-t-elle eu un écho auprès du Sénat et de la Ministre ?J’ai été auditionné par la Commission des affaires sociales au Sénat. 

Nous avons pu aborder les différentes problématiques sur le terrain, exposer les raisons pour lesquelles les propositions de la ministre de la santé étaient insuffisantes pour l’hôpital public. 

Ainsi que nos craintes dans un futur proche sur l’accès aux soins pour tous et les inégalités sociales qui se creusent. 

Pour le moment, après avoir été voté à l’Assemblée Nationale, le projet de loi finances de la sécurité sociale est bloqué au Sénat.

Dans ce projet de loi, l’objectif national des dépenses pour l’hôpital est de +2,1% alors que son évolution naturelle est de 4 à 5% . Donc très insuffisant par rapport aux besoins réels. 

Actuellement le Sénat refuse de voter cette loi tant que la ministre de la santé n’aura pas exposé son plan pour l'hôpital.

Les retours que nous avons eu jusqu'à maintenant au sein des instances politiques sont plutôt favorables mais fragiles.  

La loi sera de nouveau abordée avec la ministre et les sénateurs le 14, date à laquelle nous manifestons avec l’ensemble des corps de métier hospitaliers ainsi qu' avec les usagers.  Plusieurs collectifs d’usagers ainsi que la ligue des droits de l’homme seront présents. 

- Qu’attendez-vous de la part des patients et du grand public ?

A  ce jour nous attendons du grand public qu’ il vienne manifester avec nous le 14 novembre à 14h.

Cette manifestation est importante. Nous défendons des valeurs humanistes, le droit à la santé pour tous, nous demandons l’arrêt des coupes budgétaires afin d’assurer des soins de qualité pour l’ensemble de la population sans distinction sociale,  l’arrêt des fermetures de lits, et une amélioration de nos conditions de travail en passant par une augmentation des effectifs sur le terrain et une revalorisation salariale de nos métiers. Ces revendications ne  pourront être entendues et réalisables que si nous réinjection un budget suffisant pour l’hôpital public. 

L’accès à la santé risque fortement d'être mise à mal, et nous souhaitons que les personnes qui se sentent concernées défilent avec nous.

Mobilisation « Sauvons l’Hôpital public  tous ensemble » le jeudi 14 novembre à 14h Port Royal.