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INFO FRANCE MAGHREB2: une famille saisit Emmanuel Macron pour le rapatriement de deux enfants français en Syrie

04 avril 2019 à 21h18 Par Feiza Ben Mohamed
Crédit photo : Google images

Amine Elbahi, dont le neveu et la nièce se trouvent en Syrie, a adressé ce jeudi un courrier au Président Emmanuel Macron, par le biais de son avocat, pour réclamer le rapatriement des deux enfants vers la France.

« Je vous demande d’intervenir et de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer la protection et la sécurité de ces enfants en organisant leur retour dans les plus brefs délais » exhorte Maître Nabil Boudi dans sa lettre au chef de l’Etat. 

Depuis des mois, Amine Elbahi se bat pour obtenir le retour d’Abdal Rahman et Houryia, âgés de deux et trois ans et actuellement détenus dans le camp d’Al-Hol en Syrie, dans des conditions déplorables. 

Dans son courrier à Emmanuel Macron, dont France Maghreb2 détient une copie, Maître Nabil Boudi, en charge du dossier, pointe du doigt « les conditions de détention des femmes et de leurs enfants dans ce camp » et rappelle qu’elles « menacent leur sécurité ».

Rappelant dans son écrit que « le 15 mars 2019, trois garçons et deux filles âgés d’un à cinq ans ont été rapatriés des camps syriens vers la France », le conseil demande au président français que le même processus soit appliqué pour permettre un retour rapide d’Abdal Rahman et Houryia vers la France. 

« Le gouvernement a démontré qu’il est en mesure de mettre en place rapidement tous les moyens nécessaires au rapatriement de certains enfants, et il n’existe aucun motif légitime justifiant une différence de traitement entre des enfants détenus dans les mêmes conditions », plaide Maître Boudi, qui a parallèlement déposé ce jeudi,  une plainte contre l’Etat devant la Commission Européenne. 

Dans cette plainte, que nous avons également consultée, il considère que « pèse sur l’Etat français une obligation positive de protéger la vie des enfants détenus au camp de Al-Hol » et que « le refus de rapatrier les enfants dans une zone que la communauté internationale sait être en guerre constitue nécessairement une violation de l’article 2 de la Charte des droits fondamentaux. »

Pour rappel, l’Etat français plaide pour une étude des dossiers au « cas par cas » s’agissant du traitement qui pourrait être réservé aux éventuels revenants des zones irako-syriennes. 

En début d’année, la Ministre de la justice Nicole Belloubet avait déclaré que « 75% » des français détenus en Syrie sont des enfants.

Un dossier épineux pour l’exécutif qui avait dans un premier temps évoqué la possibilité de rapatrier près de 150 français détenus en Syrie, avant de se rétracter en déclarant, par le biais du chef du gouvernement Édouard Philippe, qu’ils doivent « être jugés sur place et, s'ils sont déclarés coupables, y être punis ».

Le sort des enfants n’a quant à lui, jamais été fermement tranché.