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Islam: Marlène SCHIAPPA réussit à provoquer l'ire des responsables musulmans jusqu'au recteur de la grande mosquée de Paris

25 mars 2021 à 19h23 Par Yanis Bilhay
Pour les responsables musulmans qui ont revendiqué publiquement l'élaboration et la signature de cette charte, le coup de poignard dans le dos est particulièrement profond et douleureux
Crédit photo : DR

De passage sur la chaîne LCI ce mercredi, au détour d'une question sur la Charte des principes pour l’islam de France, adoptée par une partie des représentants du culte musulman, la ministre déléguée à la Citoyenneté a déclaré: « ... mais cette charte, pourquoi on l'a fait cette charte ... elle est engageante (...) L’idée, c’est de dire ‘comment on s’engage dans la lutte contre l’homophobie ?’

... Est-ce que ça veut dire que dans les prêches, on considérera que deux hommes ont le droit de s’aimer, de se marier, comme deux femmes ont le droit de s’aimer et de se marier, comme le disent les lois de la République française ? C’est cela que dit cette Charte », a-t-elle asséné 

Ces déclarations ont mis le feu aux poudres et déclenché une avalenche de réactions de défférents dirigeants des instances représentatives de l'islam en France, notamment celle du recteur de la grande mosquée de Paris, réputé pour être un homme d'ouverture et un fervent défenseur des valeurs de la république. Ce dernier, piqué au vif a réagit aux propos de Madame schiappa dans des termes mesurés qui cachent à peine une véritable colère et une profonde indignation. 

Par ces propos Marlène Schiappa omniprésente et en pleine guerre sur tous les médias contre la municipalité ELV de Strasbourg qui a voté une suvention pour le projet de construction de la mosquée Eyyub Sultan portée par Confédération islamique Millî Görüs (CIMG) qui n'a pas signée la "fameuse" charte. Charte qui s'avère être une production 100% made in place Beauveau sous couvert du palais de  l'Elysée, si on se référe aux propos tenus par Schiappa.

Pourquoi, comment, à quel titre et au nom de quel principe républicain le polique se permet-il en 2021, de s'immicer avec autant de zèle, d'arrogance et de mépris dans l'organisationet et  la gestion du deuxième culte de France  ?

Pour les responsables musulmans qui ont revendiqué publiquement l'élaboration et la signature de cette charte, le coup de poignard dans le dos est particulièrement profond et douleureux ... Pour les discriter et les humilier  la macronie a envoyé au front la meilleure de ses troupes, le soldat Marlène. 

Par souci de respecter la réaction du recteur de la grande mosquée de Paris, maître Hafiz Chems-eddine nous avons opté pour la reproduction du communiqué dans son intègralité :

"Ce matin, sur la chaîne LCI, Madame Marlène SCHIAPPA, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté, a affirmé qu’en application de la Charte des principes pour l’islam de France du 18 janvier 2021, les imams devront reconnaître dans leurs prêches le droit des personnes du même sexe à se marier.

Je déplore ces déclarations, qui marquent une violation du droit et bafouent les réalités religieuses.

En qualité de recteur de la Grande Mosquée de Paris, j’ai fait tout mon possible pour parvenir à la conclusion de cette charte, qui est un engagement très fort de nos fédérations musulmanes de France. Cette charte affirmait sans ambiguïté que la pratique religieuse musulmane est parfaitement en phase avec les lois et les principes de la République.

Les déclarations de Madame Marlène SCHIAPPA sont incompréhensibles et inacceptables.

D’abord, cette charte n’est pas un acte du gouvernement mais un engagement des fédérations musulmanes et je demande instamment au gouvernement de respecter le travail de ces fédérations, qui agissent avec esprit de responsabilité et indépendance.

Ensuite, nous avons rappelé le principe d’égalité entre tous les êtres humains, qui est nourri par nos plus essentiels enseignements religieux, et nous avons clairement dit que cela impliquait le refus de toute discrimination liée à l’homosexualité.

Surtout, cette charte est notre affaire, et je dénie à un ministre la capacité de dicter les prêches des imams. Que resterait-il de la liberté de religion ? Que resterait-il de la laïcité ?

Et puis, il y a une grande différence entre refuser toute discrimination notamment pour un motif d’orientation sexuelle et adhérer au mariage homosexuel. Comme les autres religions monothéistes, l’islam ne reconnaît le mariage qu’entre les personnes de sexe différent. Aucune autorité publique ou politique ne peut dicter une doctrine religieuse."

Chems-eddine HAFIZ

Recteur de la Grande Mosquée de Paris