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Lecture des résultats des élections européennes 2019

27 mai 2019 à 17h48 Par Tarek Mami
Crédit photo : Google images

Les résultats des Élections européennes du 26 mai 2019 viennent de parler .
Au delà des chiffres brutes la lecture de ces résultats est bien contrastée et impose une analyse fine du nouveau paysage politique français kaléidoscope .

Une gagnante de façade 
Une confirmation de la démarche politique du Président Macron 
Une nouvelle hégémonie politique  et deux nouveaux partis dominants 
Une emergence de la thématique écologie politique indépendante 
Un éclatement du paysage politique, une quasi disparition de l’ancienne droite républicaine 
Un net recul de la France insoumise et une nouvelle mosaïque issue de l’ancien Parti socialiste 

Les chiffres sont têtus mais la réalité reste complexe 



Personne n’enlèvera au FN RN caché derrière un nouveau visage venu en politique d’avoir gagné les élections européennes de mai 2019 en nombre de voix et de pourcentage 

Mais cette victoire apparaît à l’analyse comme une victoire à la Pyrrhus puisque ce parti héritage qui passe de la domination du père à celle de la fille recule en termes de nombre de voix et de pourcentage de l’ordre de 1% par rapport à la dernière en date des élections européennes celle de 2014 d’une part et que d’autre part il risque de se retrouver avec le même nombre de siège 22 avec le parti arrivé en seconde position en termes de voix et de pourcentage le parti LREM le tout nouveau parti politique du président de la république Emmanuel Macron parti sorti de nulle part et crée de toutes pièces en 2017 il y’a à peine 2 ans 

Le parti du président réalise quant à lui une performance inédite en France où la tradition électorale veut que le parti au pouvoir soit systématiquement sanctionné lors des élections intermédiaires municipales et régionales et européennes 

Cet exploit en nombre de sièges obtenus au parlement européen est d’autant plus remarquable que le président de la république subit depuis près de 7 mois la contestation continue des gilets jaunes qui de samedi en samedi lui chatouille les oreilles et l’oblige à leur opposer en masse une nouvelle loi répressive une police massive et une armée comme dernière menace et dernier rempart 

Mais cette résistance du parti présidentiel et la confirmation de son implantation politique ne doit pas cacher le fait que dans les autres pays européens les partis au pouvoir arrivent tous en tête qu’il soient de droite ou centre droite comme en Italie et en Allemagne ou de gauche comme en Italie et en Grèce 

L’exception étant comme presque toujours l’Angleterre ou le parti pro Brexit emporte contre toutes attentes  les élections européennes deux jours après la démission de la dernière en date des premiers ministres anglais Theresa May qui a tout fait pour faire sortir son pays de l’Union européenne en position de force 

A ce titre le président français sort affaibli devant ses paires dirigeants européens et ne pourra plus prétendre représenter la vision européenne de demain dite progressiste face aux populistes 

Au milieu du tableau électoral l’écologiste Yanik Jadot donne par les sondages a 8% se retrouve à près de 14% il réussit à faire de l’écologie un thème politique à part entière et non un simple attribut et complément d’un positionnement politique classique de droite ou de gauche 

A ce titre il a participé aux côtés du président Macron à émietter les héritiers du Parti socialiste de François Mitterand et de la fameuse union de la gauche qui a installé la gauche au pouvoir pendant près de 20 ans entre les épisodes Mitterand Jospin et Hollande 

Ce faisant le parti écologiste ancienne appendice du PS s’affranchit de son parrain ne se réclame ni de droite ni de gauche ( comme le parti du Président ) et réalise à lui tout seul le score des débris du Parti socialiste entre France insoumise Parti socialiste et génération (qui sauve sa tête financièrement) qui a trois restent numériquement derrière leur créature d’antan 



Reste le triste paysage de l’ancienne gauche unitaire dont les scores réunies dépassent les 30% et ont font la première force politique en nombre global de voix  obtenues mais les égoïsmes et les égos  conduisent les leaders de gauche plus vers la disparition et la sortie que vers l’union 

Le Parti socialiste restera marqué à jamais par l’exercice du pouvoir du duo Hollande Valls qui ont prônés la déchéance de la nationalité et l’interventionnisme militaire en Syrie Irak et Mali et manqués de courage pour affirmer la souveraineté nationale face à l’OTAN et à l’Amérique 

L’ancienne droite républicaine de de Gaule et de Chirac subit les répliques de la présidence Sarkozy Fillon qui se termine avec l’affaire Balkany dans les prétoires et non dans les urnes 

Les listes anti Islam et pro musulmans ont terminés sans grande surprise à leur place naturelle comme liste de témoignage symbolique sans prise avec la réalité électorale du pays 

Enfin Asselineau constate encore une fois que la France n’est pas l’Angleterre et que le Frexit ne vaut pas le Brexit.