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"Mamans musulmanes, pas de sorties pas de gâteaux".

11 juin 2019 à 16h00 Par Tribune de Tarek Mami
Quand la France marche la tête à l’envers, il revient à la société civile de la remettre à l’endroit . Ça pourrait être une énième fable de La Fontaine mais non c est la réalité sociale et politique de la France d'aujourd’hui.
Crédit photo : Google images

Quand la France marche la tête à l’envers, il revient à la société civile de la remettre à l’endroit. Ça pourrait être une énième fable de La Fontaine mais non c est la réalité sociale et politique de la France d'aujourd’hui.
Les sénateurs, qui comme chacun sait, ne sont pas élus directement par les citoyens électeurs mais indirectement par les élus du peuple qualifiés improprement de “ grands électeurs” 
Les sénateurs dont l’élection si elle est légale , peut être qualifiée d’illégitime, à l’ère de la demande d’une démocratie directe de référendums d’initiative populaire et partagée, voire révocatoire.
Les sénateurs qui politiquement penchent toujours à droite, depuis la création de cette chambre et dont beaucoup de membres naviguent dans un populisme primaire flattant les plus bas instincts de la frange la plus extrémiste de droite de la population, ont cru bon de faire de la surenchère politique en matière de laïcité, en sur-interpretant son essence, voire sa définition donnée par son porteur le Député Aristide Briand, en adoptant un amendement scélérat d’interdiction de sortie scolaire les femmes qui portent un foulard, les assimilant de fait, aux agents publics.
 
Cette adoption passée malgré l’opposition du gouvernement et du ministre de l’éducation nationale, déshonore cette institution.
Aujourd’hui les mamans concernées mènent une bataille citoyenne et politique remarquables. Elles qui sont considérées par une large partie de l’opinion publique, au vu des clichés véhiculés par une partie de la presse, comme des femmes soumises, pour le simple fait qu’elles portent, par conviction, un foulard, pour être en accord avec leur conscience, envoient du même coup , aux hommes politiques en général et aux députés de La République en particulier, un message civique qui repose sur le triptyque de la République Liberté, Egalité, Fraternité.
Ces femmes en colère, touchées dans leur dignité, insultées dans leurs convictions demandent tout simplement aux députés de revenir sur cet amendement scélérat du sénat, de le rejeter et d’adresser un message fort, clair et transparent à toute la société : le bien vivre et faire ensemble, l’égalité citoyenne, ne peut pas faire l’ objet de manipulations politiciennes. 
La France, pour paraphraser le Président Macron n’est jamais aussi grande que lorsque elle se bat pour la liberté, l’Egalité et la Fraternité de l’ensemble de ses citoyens. Et elle doit l’être maintenant pour mettre fin définitivement à cet amendement scélérat du Sénat. 
Car pour les mamans musulmanes la règle est dorénavant claire pas d’assistance au corps enseignant, pas de gâteaux dans les kermesses et les fêtes scolaires si les les mamans en Foulard sont interdites de sorties scolaires. 
Les mamans ne sont pas des agents publics et la neutralité ne peut leur être appliquée, sans commettre de discrimination sélective à l’endroit de certaines citoyennes, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à une culture ou à une religion. 
Les mamans ont pris leurs responsabilités, en rejetant cet amendement du sénat et en manifestant devant les écoles .
Il revient maintenant aux députés de prendre leurs responsabilités et de mettre fin à la mascarade sénatoriale.