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Michel Tubiana sur Gaza : "Tirer sur des civils est un crime de guerre"

25 août 2014 à 00h43
Michel Tubiana Ancien président de la Ligue des droits de l'homme, signataire de la pétition lancée ?par l'Humanité pour une protection internationale du peuple palestinien, demande à la communauté internationale de prendre enfin ses responsabilités.

«Il faut que la communauté internationale prenne ses responsabilités car s'il est une chose qu'elle ne fait pas depuis maintenant des décennies dans cette affaire qui dure depuis longtemps, c'est bien cela. C'est elle qui a créé l'Etat d'Israël. ? elle de prendre les mesures nécessaires pour que cet Etat respecte le droit international comme n'importe quel autre Etat. J'attends la création d'une force d'interposition sous mandat de l'ONU. Cette instance doit enfin être investie dans les accords de négociations. Il est clair que le champ d'activités de l'ONU pourrait être immense. Il faut faire pression sur le gouvernement français. C'est le minimum minimorum. Si la communauté internationale se met d'accord, il ne sera pas très compliqué de régler ce conflit. Je vois mal qu'Israël puisse à lui seul décider de se rebeller contre la totalité de la communauté internationale.

Le problème, aujourd'hui, c'est qu'Israël dispose d'un parrain absolu qui le couvre systématiquement, qui sont bien évidemment les Etats-Unis. Et puis, Israël dispose du soutien d'autres Etats pour des raisons diverses qui tiennent à l'histoire et aux rapports de forces d'aujourd'hui. Ils passent leur temps à tenir des discours et à ne pas les convertir en actes. Je pense à l'Union européenne qui ne cesse de payer la reconstruction des biens palestiniens que les Israéliens ne cessent de détruire. Il faudra bien que la communauté internationale, qui s'est donné les moyens de créer une Cour pénale internationale, apprenne que ne peuvent rester impunies les morts de femmes et d'enfants. Tirer sur des civils, quelle que soit leur nationalité, est un crime de guerre passible en tant que tel de la Cour pénale internationale. Il faut donc que celle-ci intervienne. Par ailleurs, l'urgence sanitaire, alimentaire et économique impose la levée du blocus pour que Gaza puisse respirer. Aujourd'hui, Gaza est comme un c?ur qui bat de moins en moins, qui fibrille de plus en plus parce que tout le monde appuie dessus en l'enfermant dans une caisse. Tant que nous ne serons pas en mesure de faire pression sur nos propres gouvernements et que ceux-ci ne se décideront pas à imposer une politique au niveau international, les choses continueront à aller de mal en pis. »

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