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Tariq Ramadan, l'homme imparfait, s'explique longuement sur France Maghreb 2 (Vidéo)

14 septembre 2019 à 12h59 Par Feiza Ben Mohamed
Tariq Ramadan, mercredi 11 septembre dans les studios de France Maghreb 2
Crédit photo : France Maghreb 2

Mercredi 11 septembre, après une tentative de censure émanant d’une des femmes qui l’accuse de viol, « Devoir de vérité » écrit par le célèbre islamologue, est sorti en librairie.

Dès sa parution, l’ouvrage s’est directement hissé en première place des ventes sur le site Amazon, preuve de l’engouement suscité par la version de l’accusé, très peu relayée par la sphère médiatique.

À cette occasion, Tariq Ramadan était l’invité exceptionnel de France Maghreb 2, dans une édition spéciale de l'émission phare de la station : Le Grand Forum

« Je me savais innocent de ce dont on m’accuse (...) ceux qui pensaient me détruire en me coupant de tout n’ont pas réussi » a-t-il d’emblée expliqué, livrant son sentiment d’injustice.

Depuis la première plainte déposée par l’ancienne salafiste Henda Ayari en octobre 2017, Tariq Ramadan avait toujours, malgré les dizaines de sollicitations, refusé de s’exprimer publiquement dans les médias ou sur les réseaux sociaux.

Mis en examen et placé en détention en février 2018,  il dénonce le fait que « le secret de l’instruction dans mon affaire, n’a pas été respecté ».

S’il nie catégoriquement les viols dépeints par ses accusatrices, Tariq Ramadan a dû reconnaître des relations extra-conjugales le plaçant dans une position compliquée vis-à-vis de son auditoire et du public qui le suit depuis plus de trente ans.

Au micro de France Maghreb 2, il a tenu à réitérer ses excuses à « ceux qui se sont sentis trahis » en admettant « n’être qu’un homme ».

« Ceux qui ont voulu m’idéaliser en pensant prendre dans mes enseignements, le message d’un ange, se sont trompés » a-t-il plaidé, admettant: « certains m’ont idéalisé au point de confondre le message que je porte avec la personne que je suis ».

S’adressant directement à son auditoire, il a expliqué: « dans ce qui m’arrive, il y a un enseignement spirituel et humain. (...) Vous suiviez un homme ou un message? Il n’y a pas d’incarnation du message que je porte ».

Durant des années, Tariq Ramadan a rempli les mosquées, les salles de conférences et les grands salons dans lesquels il était systématiquement l’intervenant "Star".

Malgré sa notoriété et son rôle auprès des communautés musulmanes, il a réaffirmé ce qu’il a toujours martelé, à savoir qu’il n’est « pas le représentant des communautés musulmanes ».

« Je suis porteur et je traduis un message de compréhension de l’Islam et de disposition citoyenne » a-t-il détaillé avant de livrer son sentiment au sujet des diverses initiatives qui ont émergé récemment et qui visent à réorganiser le culte musulman en France.

À ce propos, il estime que « l’avenir de la représentation de l’Islam en France (...) doit se construire de la base et ne se décide ni à Matignon ni à l’institut Montaigne » rappelant par ailleurs que son engagement contre les injustices ne concerne pas uniquement les communautés musulmanes.

« Je défends aujourd’hui la réalité citoyenne d’un racisme structurel qui ne touche pas que les musulmans. Ça touche aussi les noirs, les Rroms et toutes les autres minorités » a poursuivi Tariq Ramadan.

Bien avant les accusations de viols, l’islamologue était régulièrement visé par un certain nombre de personnalités politiques qui lui reprochent de tenir un « double discours » notamment auprès des jeunes musulmans.

« Il est évident que sur le plan intellectuel personne n’a jamais rien trouvé à me reprocher (...) je suis pour la richesse et pas pour le grand remplacement. (...) Mon plus grand espoir pour la France c’est qu’elle se réconcilie avec ses principes » a-t-il réagi s’agissant des diverses calomnies qui l’ont toujours touché.

Pour rappel, si Tariq Ramadan ne connaît toujours pas la date de son procès, les plaintes déposées contre lui notamment par Henda Ayari et celle qui se fait appeler Christelle, apparaissent comme très fragilisées.

Henda Ayari a notamment été confrontée à ses incohérences au cours de l’enquête notamment sur le lieu et le jour du prétendu viol, tandis que des messages envoyés par Christelle à Tariq Ramadan le jour elle indique avoir été violée mettent à mal la version de l’agression sexuelle et des rapports sexuels non-consentis.

L’islamologue est « déterminé à se défendre pour que la vérité émerge de cette affaire ».

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