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Tunisie : Dans la tête de kaïes Saied

10 septembre 2021 à 00h33 Par Tarek Mami
Le président Kaïs Saied prenant un bain de foule sur la mythique avenue Habib Bourguiba, haut lieu des marches et autres manifestations populaires dans la Tunisie post Ben Ali
Crédit photo : Présidence Tunisienne

Le Président voit, cloîtré dans son palais de Carthage, le peu de pouvoir que son titre pompeux de président de la République lui accorde dans la réalité. Il se sent paralysé, inutile et incapable d’agir pour changer les choses. C'est probablement, cette situation psychologique qui accéléré la décision du président d'effectuer son soubresaut du 25 juillet qui le fait renverser la table pour passer de la position de président spectateur impuissant à celle du président acteur tout puissant qui réunit tous les pouvoirs entre ses mains

Les Tunisiens vivent un long moment du « wait and see ». A la croisée des chemins, ils sont dans la situation formidablement décrite par l’intellectuel communiste Italien, Antonio Gramsci qui écrit : « L’ancien monde tarde à mourir. Le nouveau monde tarde à naître. Et dans l’intervalle surgissent les monstres».

Le monde qui tarde à mourir est celui d’avant le 25 juillet. Le monde qui tarde à naître est celui de l’après le 25 juillet. La Tunisie se dirige-t-elle vers une troisième République et une nouvelle Constitution ou subira-t-elle un simple colmatage de son système politique et institutionnel, « un redressement », une rectification, du processus démocratique, dans sa dimension libertés publiques entamée en 2012, libertés dont beaucoup de commentateurs disent craindre le recul. Le président a pourtant affirmé à maintes reprises « qu’il n’y aura pas de retour vers l’avant 25 juillet ».

Dont acte.  Dans la vie « il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ».  Le président rejette l’expression et la notion de « feuille de route », une expression occidentale qui n’est pas le fruit de la culture tunisienne.  Cette expression a été, en effet, crée et imposée par les États-Unis pour désigner le plan élaboré en 2003 pour le règlement du conflit israélo-palestinien, baptisé « feuille de route pour la paix ». Feuille de route est la traduction de l’expression anglaise « roadmap ». Quand on connaît les suites données à cette feuille de route, et son échec notoire, l’attachement du président tunisien aux droits des Palestiniens et son attachement viscéral à la culture et la langue arabe, on comprend mieux son rejet de cette expression qui l’ulcère.  « Mal nommer une chose, c’est ajouter au malheur du monde », cette citation apocryphe d’Albert Camus, occulte le mot mensonge qui la complète.

La personnalité du Président Kaies Saied

Tout a été dit sur la personnalité du président Kaies Saied. Depuis sa campagne électorale, le président Kaies Saied a eu droit plusieurs qualificatifs, notamment, les fameux El-ikhchidi (poème négrophobe d’A Moutannabi) et Robocop, mais aussi « autiste » et ses variantes, … « autiste sur une niche porteuse »,pour le sociologue Aziz Krichen » et autre « autiste  Asperger ». Il a eu droit, le 17 octobre 2019, soit avant le deuxième tour de l’élection présidentielle tunisienne, à une chronique radiophonique de la Rtbf, la radio publique belge, par un journaliste arabophone, Josef Schovanec, lui-même autiste, dont la chronique porte le titre « Bulle », (sic), sous le titre « une leçon donnée par Kaies Saied le robocop tunisien ». *

Une leçon politique donnée par Kaïs Saïed, le "robocop" tunisien

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Il est utile de connaître l’existence de cette chronique et ses termes. Le chroniqueur n’y va pas par paraphrase ni par quatre chemins. Il écrit « Tout cela fait sens, et porte un nom : Kaies Saied est autiste ; difficile d’être plus typique…, avant d’ajouter « Qu’on se dise les choses : il est peu probable que l’on soit déjà tombés sur un candidat comme lui.

Un candidat qui refuse les aides publiques pour sa campagne, et qui d’ailleurs ne fait pas vraiment campagne : il n’a ni local, ni équipe de campagne. Et qui a promis de ne pas s’installer au palais présidentiel en cas de victoire.

Il y a mieux ou pire encore : quand on regarde et écoute Kaïs Saïed, une impression assez étrange s’en dégage : il donne l’impression d’être un robot.

D’ailleurs, son surnom est " Robocop ". Le visage impassible, une posture hiératique, ses grandes mains seules bougent dans l’espace. Sa voix est plate, monocorde. Et, sans surprise, il ne parle pas la même langue que les autres candidats : alors que les autres candidats s’expriment en dialecte, pour paraître proches du peuple mais aussi par facilité, Kaïs Saïed s’exprime dans un arabe classique archaïsant, avec une grammaire remarquablement fine et une aisance bluffante».

* https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_une-lecon-politique-donnee-par-kais-saied-le-robocop-tunisien?id=10341979  

A cette lecture, il est utile d’ajouter celle du psychiatre tunisien sofiane Zribi ** à double titre d’une part, au titre de sa profession, d’autre part, au titre son amitié proclamée avec le président.

https://tn24.tn/fr/article/le-profil-psychiatrique-de-kais-saied-180786

Le président apparaît pour ses soutiens et même ses adversaires comme « un homme propre », qui n’est pas intéressé par l’argent et les fastes, dans un pays où la corruption et le m’as-tu vu entre grosses voitures et maisons avec piscine, et autres signes extérieurs de richesse, fait partie du décorum de la réussite sociale. « nafs moumna » (âme saine croyante) comme disait le président Bourguiba. Mais ses adversaires mettent en avant ses traits de caractère apparents : « homme rigide », « conservateur », au « ton de professeur qui explique sans écouter ses interlocuteurs ».

kaies Saied  un sphinx politique à décrypter

Kaies Saied est pour beaucoup un sphinx politique dont il faut savoir interpréter les prises de paroles, et en quelque sorte « entrer dans sa tête ».  Rachida Ennaifer, son ancienne conseillère en communication à Carthage, qui a démissionné de ses fonctions, en octobre 2020, pour sa « non satisfaction » du fonctionnement de de la communication présidentielle, et son opposition déclarée à Nadia Akacha, la chef du cabinet du président, a fait le choix depuis quelques jours de sortir du bois, et d’occuper l’espace médiatique, entre presse écrite et radiophonique.

Ses interventions sont à prendre en considération, par les journalistes et autres chroniqueurs, pour tenter de comprendre, l’univers mental de l’homme et ses perspectives. Cela leur évitera de brandir des analyses à la mode d’avant le 24 juillet, et pour certains de lire dans leurs boules de cristal, dont le « moteur » est leur intérêt personnel, l’affiliation à telle ou telle obédience politique et ou idéologique.  Ce qui leur évitera de décrire le président de leur pays, comme la marionnette d’abord, de l’axe, Turquie - Qatar, et ensuite de l’axe Emirats- Égypte.

Impunité et déliquescence de l’État

C’est cette personnalité complexe et atypique que les tunisiens ont élus comme président avec un espoir assumé de le voir « nettoyer les écuries » de la classe politique tunisienne, et ses travers en tout genre, devenus la règle pour contrôler l’état, le dépecer et engager sa déliquescence, pour lui ôter toute autorité. 

Le Président voit, cloîtré dans son palais de Carthage, le peu de pouvoir que son titre pompeux de président de la République lui accorde dans la réalité. Il se sent, probablement, inutile et incapable d’agir pour changer les choses. Une situation insupportable pour un homme qui a une haute idée de lui-même et une volonté de changer le sort de ses concitoyens, position qu’il professe depuis 2011, et ses premières apparitions publiques dans les différents sit-in, marque de fabrique de la mise en route de la démocratie tunisienne. Il constate, amèrement que même ce peu de pouvoir, que lui accorde la constitution de 2014, les affaires étrangères, et le ministère de l’intérieur lui sont directement disputés.

Dans ses attributions, pour gérer le ministère des affaires étrangères, il se trouve en concurrence direct avec le président de l’assemblée des représentants du peuple (ARP), qui reçoit, dans ses bureaux, les ambassadeurs accrédités à Tunis, et se fait recevoir par des chefs d’état étrangers, notamment ceux de la Turquie et du Qatar.  Une espèce de président bis. Et il le dit dans une interview à France 24, dans laquelle il précise : « je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds» Pour le ministère de l’intérieur, il se trouve désavoué par le premier ministre, président du gouvernement, qu’il a pourtant désigné en confiance, qui révoque le ministre de l’intérieur qu’il vient de désigner, et s’auto désigne ministre de l’intérieur, par intérim. Il assiste, impuissant au délitement de l’ARP, qui ressemble, de plus en plus, à une foire d’empoigne, à l’impunité des contrevenants politiques et économiques, sous couvert d’immunités diverses, ou du laisser-aller d’une partie de l’institution judiciaire et sécuritaire.

Le soubresaut du 25 Juillet

C’est à l’aune de ce kaléidoscope qu’il faut comprendre « le processus mental », qui amène le président à prendre la décision de l’application surprise de l’article 80 de la constitution, de renverser la table, et d’annoncer des mesures exceptionnelles inédites, la révocation du chef du gouvernement, le gel des activités de l'Assemblée des Représentants du Peuple l’ARP (le parlement tunisien), et sa mise sous séquestre, et la levée de l’immunité de tous les députés, pour passer de la position du président – spectateur, impuissant, à celle du président-acteur, tout puissant, qui réunit tous les pouvoirs, entre ses mains. 

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Saisies diverses 

Le « coup » du 25 juillet se révèle gagnant. Les manifestations de soutien à la décision présidentielle, en début de soirée, et l’échec de la tentative d’entrée dans les locaux de l’ARP par son président et sa vice-présidente, au milieu de la nuit, consacrée par la phrase des deux politiques « défendre la constitution », et la réponse du militaire « défendre la patrie » scelle cette victoire, et désagrège la nomenklatura politique en place. Les décisions exceptionnelles du président ont insufflé à l'État un nouveau souffle, une recomposition et une consolidation, inespérées, pour accomplir sa mission régalienne de contrôle des marchés et d’application de la loi. Il ne se passe pas un jour, depuis le 25 juillet, sans que les douaniers, les policiers des frontières, les contrôleurs des différents ministères n’annoncent la saisie de produits alimentaires, de produits de consommation courante, de monnaie en dinars et en devises, et de drogues. A ces saisies s’ajoutent les arrestations, dorénavant quotidiennes, des délinquants et personnes recherchées par la justice, dont beaucoup sont condamnées à des dizaines d’années de détention depuis plusieurs années.

Si ces saisies n’arriveront pas à éradiquer la contrebande, elle assène, comme même, des coups rudes aux contrebandiers et donnent de la hardiesse aux services de l'État. La réussite entraîne la réussite et augmente la confiance dans la lutte contre la corruption. Mais malheureusement, la révélation de ces différentes saisies reste éparpillée. Elles ne font pas l’objet d’un suivi quantitatif, qui pourrait être soit centralisé et actualisé, au jour le jour, par un organisme étatique unique chargé de la lutte contre la corruption qui pourrait être chapeauté par le ministère de l’intérieur, soit pour le moins par la banque centrale pour l’argent saisie, le ministère du commerce pour les produits marchands, le ministère de l’intérieur pour les produits stupéfiants. Ce suivi quotidien, affiché quotidiennement, démontrera l’ampleur de la contrebande et l’étendue de la corruption, qui n’épargne aucun secteur d'activité.

Les certitudes affichées de kaies Saied

En politique, le discours constitue le fait. Il faut donc d’abord l’écouter et le comprendre, avant de l’interpréter et de le commenter. Kaies Saied, que l’on le soutienne ou critique a défendu pendant sa campagne trois idées. Un système de démocratie directe qui œuvre à minimiser le rôle des partis politiques. Une dénonciation permanente de la corruption, et lutte sans merci contre ce fléau, ainsi que l’enrichissement sans cause, et le blanchiment d’argent.  Une volonté, en tout cas, un discours continu pour le respect du droit, de la loi et de la constitution. Il se trouve, aujourd’hui, dans l’obligation de quitter les mots pour passer aux actes. Ces trois idées centrales sont devenues des constantes du discours présidentiel, et n’ont pas changé ni avec son élection d’octobre 2019, ni avec l’application de l’article 80 de la constitution, et l’adoption de ses mesures exceptionnelles.     

Et maintenant !

Si le président rejette les notions de « feuille de route » et de « dialogue », il pourrait proposer les termes de « programme » et de « concertation », ou tout autre mot de son dictionnaire personnel. Mais tarder à dévoiler son programme, pour les jours et semaines qui viennent, rajoutera du désordre à sa communication déjà hiératique et favorisera les manœuvres de ses adversaires, ce qui pourrait, si cela devait durer au-delà de deux mois, faire chuter le taux de l’adhésion populaire à sa démarche. Deux mois, parce que le président a installé, à l’insu de lui-même un métronome de 30 jours, que ses adversaires n’auront de cesse de lui rappeler.

Ce programme devrait reposer sur un principe et un trépied. Le principe, c’est la confirmation et l’approfondissement des libertés individuelles publiques et des droits fondamentaux dans leur acceptation américaine et anglo-saxonne, (et non française), avec le habeas corpus, comme axe pivot (Angleterre 1679). Le trépied se répartit en secteur constitutionnel, économique et judiciaire.

La question de la communication présidentielle

La communication du président de la République est brouillonne. Alors qu’il est le chef de l’État, surtout après le 25 juillet. Or, le fait de « contrôler » la communication présidentielle, de la restreindre aux seules interventions du président de République, lors de ses rendez-vous de travail, de limiter sa diffusion à une page Facebook, lui enlève une large part de crédibilité. Il en fait une communication quasi-personnelle, et non une communication publique. Pour les professionnels du secteur, cette manière de faire finit par apparaître comme la création de « la radio et de la télévision du Président » en dehors des prérogatives de la HAICA (même chancelante et même si ses délais légaux sont expirés).

Écarter les activités présidentielles de l’activité de l’agence nationale Tunisie Afrique Presse (TAP), et son traitement par ses journalistes, (expérimentés), est une décision hasardeuse. La non organisation de conférences de presse régulières, soit pour toute la presse, soit par secteur médiatique, est un déni d’informer et de confrontations d’idées. Les discours ne permettent pas la communication mais indiquent les décisions prises. Les visites du président, sur le terrain, accompagné de ses seuls conseillers, photographes et caméramans crée une distance avec le peuple, alors que la présence de la presse et une séance de questions réponses y donnerait du corps. Car, en communication comme en politique, si le peuple veut, le peuple doit savoir.  

La première urgence est celle de la désignation du premier ministre

La constitution de 1959 prévoit dans son amendement de 1974 la fonction de Premier Ministre dont la nomination et la révocation relève des prérogatives du chef de l’État, Président de la République. La constitution de 2014 prévoit la fonction de « président du gouvernement », dont l’existence et la révocation relève de deux autorités, selon les situations et les lectures constitutionnelles, le président de la République d’une part, et l’assemblée des représentants du peuple d’autre part. La constitution de 1959 a été abrogée. Celle de 2014, est au moins gelée, au pire caduc.

De facto, le prochain premier ministre ne sera pas un chef de gouvernement au sens de la constitution de 2014, et n’aura pas à passer devant l’assemblée nationale. La désignation d’un nouveau premier ministre devrait être la première urgence du président. Cette décision lui donnera beaucoup d'avantages et peu d’inconvénients. Il continuera à diriger l’exécutif, disposera de plus de temps pour affiner sa stratégie et son programme, et lui permettra de neutraliser les critiques de ses opposants. En termes de stratégie politique, c’est tout bénéfice. Le processus de la consolidation de l’appareil étatique se fera à peu de frais.

La question constitutionnelle

Il me paraît prétentieux, voire insolent, de présenter des pistes de réflexions, et encore moins « une feuille de route », au professeur de droit constitutionnel devenu président. Mais, si j’étais « dans la tête de Kaies Saied », je le vois agir par petits pas, à la Bourguiba, pour réintroduire le peuple dans son programme.  Un référendum avant la fin de l’année avec une question simple : « êtes-vous pour ou contre une nouvelle constitution ? ».

La question économique            

Changement de monnaie soudain, un vendredi soir, comme l’a fait l’Inde, sans information préalable, imposition du paiement par un moyen bancaire (carte ou chèque) de tout achat d’un montant supérieur à 200 dinars, fixation et contrôle des marges des intermédiaires, et limitation de leurs nombre, entre le producteur et le consommateur, la confiscation des produits saisis de la contrebande, la confiscation des biens des contrebandiers, la condamnation des contrebandiers à une amende d’un montant équivalent à la saisie, une forte taxation des produits étrangers, dont l’équivalent est fabriqué en Tunisie, et le doublement du montant de leurs TVA,  l’ouverture de comptes bancaires en devises, en Tunisie, pour les tunisiens résidents à l’étranger, et l’autorisation de retraits en devises ou en monnaie locale,  pourraient constituer la première  batterie des mesures urgentes pour la rénovation de l’économie tunisienne et du « made in Tunisia»

La question judiciaire

Last but not least vient la question judiciaire. L’institution judiciaire tunisienne constitue, aujourd’hui, le nœud gordien de toute réforme en profondeur de la société tunisienne. Le nouveau ministre de la justice pourrait agir par décret. Révoquer les juges, soupçonnés de corruption, ou d’instrumentalisation de la justice, n’est pas une solution démocratique. L’habeas corpus doit rester la règle. Les suspendre de leurs activités et transmettre leurs dossiers à une justice rénovée, dont les premières règles doivent être la création de la fonction du juge de la liberté, qui incarcère ou libère les mis-en examen, et la fixation de délais impératifs des procédures, répondra aux demandes citoyennes de l’égalité de tous devant la justice. Les déclarés coupables, définitivement, seront radiés.

Les autres seront réintégrés. Toute idée de vengeance politique et ou judiciaire devra être écartée. La loi, toute la loi, rien que la loi doit être la règle d’airain de la justice rénovée. Cette dernière devra ouvrir, avant la fin de l’année, tous les dossiers judiciaires, en suspens, entre assassinats politiques, financements des campagnes électorales (article 163 du code électoral), dossier de la BFT, et autres dossiers de corruption. L’institution d’une procédure de « plaider coupable » pourrait accélérer les procédures et tourner la page de « la décennie du soupçon ». Une nouvelle procédure dite « citoyen-témoin » avec un filtre judiciaire, composé de 3 juges issus de 3 tribunaux et degrés différents, doublé de contrôleurs fiscaux pourrait permettre de judiciariser tous les conflits et soupçons de corruption et d’enrichissement personnel, et in-finé « vider les cœurs » et enterrer les rancœurs, dans une société gangrénée par les passe-droits, les contrebandiers et les profiteurs de tous genre

Tarek Mami, journaliste et président de France Maghreb 2