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Tunisie : Hichem Mechichi choisit l'option d'un gouvernement resserré formé de compétences nationales

27 juillet 2020 à 18h33 Par France Maghreb 2
Le président tunisien Kaïs Saied a choisi Hicham Mechichi pour former le nouveau gouvernement tunisien qui succédera au gouvernement Fakhfakh
Crédit photo : Capture d'écran TV tunisienne

Hichem Mechichi, chargé par le président tunisien Kaies Saied de former un nouveau gouvernement a opté pour le choix d’un gouvernement de compétences nationales avec un nombre "réduit" de portefeuilles, rapportent lundi des médias tunisiens citant des sources proches de Mechichi.

"Hichem Mechichi, aura, selon ces sources, décidé de former un gouvernement restreint, avec un minimum de ministres et exclusivement composé de technocrates. M. Mechichi aurait, en effet, décidé de ne confier aucun portefeuille aux partis", rapporte un journal électronique tunisien.

Selon la même source, le nouveau chef du gouvernement qui a entamé officiellement dimanche les concertations, dispose de trente jours pour remettre la liste de son équipe au président Saied, qui à son tour doit la soumettre à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour un vote de confiance. Faute de quoi la Constitution autorise le chef de l’Etat à dissoudre l’assemblée et de convoquer de nouvelles législatives.

Mechichi, dont le nom ne figure pas parmi les noms proposés par les formations politiques au président Kaies Saied,  aurait aussi privilégié l’option d’un gouvernement de compétences nationales pour "gagner du temps" et remettre "le plus tôt possible" la liste des personnalisés choisies au président Saied, estiment de nombreux observateurs de la scène politique tunisienne.

Dans ce sens, les analystes politiques affirment que la "déclaration de Mechichi succédant sa réception pour la lettre de mission conforte largement ce choix en ce sens qu’il n’en a mis en avant que le fait de servir les Tunisiens et de répondre à leurs attentes et aspirations".

"Je m’engage à tout mettre en œuvre pour former un gouvernement répondant aux attentes des Tunisiens et à leurs aspirations légitimes", a indiqué M. Mechechi en recevant la lettre de mission des mains du président Saied.

Dans ce contexte, de nombreuses voix ont appelé le successeur d'Elyes Fakhfakh à opter pour un gouvernement de compétences nationales "loin des tendances politiques".

C’est le cas notamment du parti du Courant démocrate, disposant de 22 sièges au Parlement, et qui a appelé ouvertement M. Mechichi à "opter pour des compétenceS nationales et ne pas faire des concessions dans le but d’obtenir le vote de confiance du parlement"

De son côte, l’ancien ministre des Affaires locales dans le gouvernement Fakhfakh, a exhorté le nouveau chef du gouvernement "à privilégier un gouvernement de compétences seul capable de sauver le pays et de réaliser les aspirations du peuple".

La dissolution de l'ARP un scénario plus que jamais plausible

La désignation de Hichem Mechichi en tant que chef du gouvernement par le président Kaies Saied sans que son nom figure sur les noms proposés par les formations politiques est pour beaucoup un "pas vers la dissolution de l’actuelle assemblée".

"En évoquant la nécessité de revoir la légitimité lors de sa désignation pour Mechichi, le président de la République a officiellement annoncé le passage à la troisième République", a dit un ancien député, Sahbi Be Fraj, estimant que Saied "vise la dissolution du Parlement".

Le Président Saied a déjà menacé par le passé de dissoudre le Parlement, en affirmant qu’il n'"hésitera pas à recourir à tous les moyens juridiques pour sauver les institutions de l’Etat".

Ainsi, le scénario de la dissolution du Parlement se précise de plus en plus avec le choix de Mechichi pour un gouvernement de compétences, signifiant de "fâcher" le parti Ennahdha disposant d’une majorité relative au sein de l’ARP. L'option de Saied pour une personnalité indépendante a été interprétée aussi comme étant une "provocation à l'endroit du parti de Ghannouchi".

La dissolution du Parlement s’annonce aussi comme une "évidence" pour beaucoup d’observateurs, et ce, compte tenue de la "crise" qu’il traverse présentement. En effet, une motion a été signée par plus de 73 députés pour "réclamer le départ de Rached Ghnnouchi", président de l’ARP, dont le sort sera connu le 30 du mois en cours.

Avec APS