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Tunisie : Mais qui est M. Kais Saied, le nouveau Président tunisien ?

16 octobre 2019 à 17h55 Par La rédaction avec AA
Marié à une juge et père de trois enfants, Kaïs Saïed est un homme réservé, que les Tunisiens ont découvert après la Révolution de 2011
Crédit photo : Google images

Un professeur de Droit connu pour sa rectitude et son verbe haut. Kaïs Saïed né le 22 février 1958 à Tunis, est le fils de Moncef et Zakia Saïed. Sa famille, membre de la classe moyenne, est d'origine assez modeste mais intellectuelle.

Marié à une juge et père de trois enfants, Kaïs Saïed est un homme réservé, que les Tunisiens ont découvert après la Révolution de 2011. Le verbe haut, les idées claires, l’homme a très vite fait de fidéliser un auditoire qui est tombé sous le charme de ce professeur de Droit pédagogue, souvent invité sur les plateaux de télévision pour donner son avis d’expert en Droit constitutionnel.

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Kaïs Saïed a cette particularité, qui l’a d’emblée distingué des autres experts, qui ont foisonné sur les télévisions privées et publiques après la révolution, sa maîtrise parfaite de la langue arabe littéraire, qui a donné à ses interventions un aspect péremptoire.

Pur produit du système éducatif tunisien, Kaïs Saïed est titulaire d’un diplôme d’Etudes approfondies en Droit Public, de l’Université de droit et des Sciences politiques de Tunis qu’il obtient en 1985, il enchaîne en 1986 avec un diplôme de l’Académie internationale de Droit constitutionnel, qu’il enrichira plus tard, en 2001, par un diplôme de l’Institut international de droit humanitaire de San Remo (Italie).

Il est de 1990 à 1995 Secrétaire général de l'Association tunisienne de droit constitutionnel dont il deviendra le vice-président en 1995.

Directeur du département de droit public à l'université de Sousse entre 1994 et 1999, puis à la faculté de sciences juridiques et politiques de Tunis de 1999 à 2018, il est membre du groupe d'experts du Secrétariat général de la Ligue arabe entre 1989 et 1990, expert auprès de l'Institut arabe des droits de l'Homme de 1993 à 1995.

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Il est par ailleurs membre du conseil scientifique de plusieurs commissions universitaires.

Indépendant dans tous les sens du terme, on ne lui connait aucune affiliation politique avant ou après la révolution, lui qui considère que « l’ère des partis est révolue et que le pouvoir doit revenir au peuple qui décide de son sort et définit ses options », ce qu'il a baptisé « la nouvelle transition révolutionnaire », d’où le slogan de sa campagne: « Le peuple désire ».

En 2016 un mouvement baptisé "Mouassissoun" (fondateurs en arabe) est créé pour soutenir l'action et les projets de Saïed, qui prône, dès 2011, le remplacement de l'Assemblée des représentants du peuple, élue au scrutin direct, par une assemblée composée de 165 membres élus au scrutin indirect, sur une base régionale par les élus locaux, ainsi que l'instauration pour ces derniers d'un mandat révocable.

Foncièrement engagé en faveur des jeunes, qui lui vouent une admiration sans bornes et dont il s’est fait le porte-parole, Saïed a sillonné le pays avec ses étudiants pour écouter les oubliés et les laissés pour compte des zones rurales et des quartiers populaires.

Il est arrivé à la conclusion qu’il fallait modifier le fonctionnement de l’administration, les pouvoirs locaux, libérer les initiatives, amener plus de justice et plus de liberté.

« Je ne vends pas d'illusion au peuple tunisien et mon programme, que j'ai clairement énoncé, est que le peuple est la source de l'autorité », ne cesse-t-il de marteler.

Saïed est opposé à l'égalité successorale entre hommes et femmes et justifie sa position par l'héritage bourguibiste.

Celui qui en 2013 déclare, au sujet de la réforme de la Constitution, que « ne pas mentionner la Chariaa permettra d'éviter les effets négatifs/rétrogrades de celle-ci » et qu'« il est préférable de se contenter de l'article premier de la Constitution de 1959 » qui stipule que « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain: sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république. », est malgré cela accusé par ses opposants d'être salafiste et de prôner l'application de la charia à cause de ses positions conservatrices.

Ses collègues et ses étudiants qui ont souvent pris sa défense sur ce point, rappellent qu’il a condamné la pensée salafiste et la violence extrémiste, durant ses cours, lors de l'affaire de la diffusion du film Persepolis par Nessma, la chaîne de télévision privée appartenant à Nabil Karoui, son adversaire du second tour des élections présidentielles.

Fidèle à ses principes, Kaïs Saïed a refusé de faire campagne, au nom du principe de l'égalité des chances avec Nabil Karoui, lorsque ce dernier a été emprisonné dans le cadre d’une affaire (toujours en cours) de blanchiment d'argent et de fraude fiscale, ce qui a permis à Saïd de se faire apprécier même de ses opposants.

M. Kais Saied s'est avéré lors de sa campagne un farouche défenseurb dun peuple palestinien. Il s'est déclaré viscéralement opposé à une quelconque avec l'entité sioniste, jusqu'à refuser l'entrée en tunisie des porteurs de passeports israéliens...

Kaïs Saïed a été élu à la présidence tunisienne avec 72,71% des voix.

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